Formotech met le design viticole sur le Vinitech 2008 PDF Imprimer Envoyer

 

Les meubles de Philippe Nicolas racontent une histoire. Celle des grands crus.
L’entreprise de Philippe Nicolas est née à Navilly, en mai 2000.Le cœur du métier ? Modeleur mécanicien sur bois. Une technique aujourd’hui passée au filtre de la commande numérique mais, qu’à l’origine, Philippe travaille de façon artisanale. Ses commandes, pour la fonderie notamment, arrivent de tout l’hexagone où l’on reconnaît son savoir-faire. Mais le métier évolue très vite. « Soit on investissait lourdement dans la commande numérique et on changeait de dimension, soit on s’orientait sur d’autres fonction plus spécifiquement mécaniques » explique Philippe. Qui choisit cette solution. En 2007 il quitte Navilly pour Crissey où il intègre un atelier plus vaste, répondant à ses besoins et lui permettant d’ajouter quelques cordes à son arc, se rapprochant d’industriels locaux et régionaux pour de la sous-traitance. Dans le sablage des moules, notamment, mais aussi pour la création de moules résine, des travaux de soudure, la fabrication de cerclages pour la chauffe des tonneaux.
Le mouton à cinq pattes
La page de Navilly est bel et bien tournée, ce qui, là-bas, représentait 95 % de son chiffre d’affaires (160 000 euros en 2007), n’en fait aujourd’hui plus que 5 %.
Le modelage n’est plus qu’un épiphénomène. « Notre boulot, aujourd’hui, c’est le mouton à cinq pattes.
Tout ce qui est un peu en dehors des clous et n’intéresse pas la concurrence parce qu’en trop petite série, nous prenons. Un prototype, une pièce d’exception… on est là pour ça » dit-on chez Formotech.
Un peu touche-à-tout et ayant « hérité » d’outillage pour le bois dans son nouvel atelier, Philippe se met à créer du meuble. « Juste pour le plaisir parce que nous n’avons pas de structure commerciale pour écouler une éventuelle production » dit-il.
Formotech, aujourd’hui, c’est outre le patron, un employé, un stagiaire et l’épouse de Philippe sous statut de conjoint non salarié. Difficile, dans ce cas, d’imaginer une quelconque stratégie commerciale. Et pourtant…
Tous les fûts ont une histoire
Récupérant des fûts anciens, il les démonte pour en réutiliser chaque élément après un traitement de fond. « C’est d’autant plus intéressant que mes pièces racontent toutes une histoire différente, celle du vin qu’elles ont contenu » dit-il. Et aussi une couleur différente.
Malgré un ponçage très fin et un vernis appliqué soigneusement, les tanins entrés au cœur du bois ressortent et, selon les crus, affichent des couleurs extraordinaires.
« En fonction d’une certaine traçabilité quant à la provenance des fûts, on peut identifier chaque meuble et lui donner le nom du cru qu’il a abrité, des années durant » note Philippe qui présente ses créations lors du salon Vinitech de Bordeaux, du 2 au 4 décembre. Lors du salon de Montpellier, l’an passé, les quelques meubles mis à disposition d’un de ses clients pour égayer son stand avaient connu un tel succès qu’ils avaient trouvé acquéreur sur place. Tabourets « debout » ou de bars, tonneaux détournés en tables basses futuristes… rien que du beau produit, racontant le terroir.
Et ça, pour le commerce spécialisé, ça peut marcher… très fort ! 

 

Michel SARRAZIN

Le Bien Public  Mardi 2 décembre 2008

 
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